Ecolieu, LD Les Brandes 24420 Coulaures                  

Ecolieu des Brandes

Natacha Borowski et Loïc Le Meur

LD Les Brandes 24420 Coulaures, Dordogne

 

contact@ecolieudesbrandes.fr

Le principe d'une forêt nourricière ?

Créer un écosystème forestier d’espèces comestibles, constitué de plusieurs étages de végétation (grands arbres de canopée, arbustes, couvres-sols, grimpantes…) et permettant de nous nourrir tout en préservant la biodiversité, avec le minimum d'effort une fois la forêt implantée.

 

Quel intérêts ?

  • amélioration de la structure du sol (pénétration de l’eau, système racinaire anti-érosion, vie du sol)
  • augmentation du taux d’humus (feuilles mortes, bois mort, vie du sol)
  • fort stockage de CO2 (l’arbre est le meilleur puits de carbone existant)
  • haut rendement en nourriture (verticalité des productions en strate avec travail minimum)
  • soutient la biodiversité (plantes attirant les insectes, et variété des habitats)
  • enrichissement du sol (arbres fixateurs d’azote ou reminéralisants).

 

Et en plus, il est possible de surprendre par l’originalité d’arbres peu connus produisant :

  • des « mangues » au goût entre la banane et la papaye : l’asiminier
  • des fruits au goût de raisins secs : hovenia dulcis
  • des noix de pécan pour les plus patients… : Carya (pacanier)
  • des pois : Caragana arborescens
  • des haricots bleus : Decaisnea fargesii...

Notre terrain correspond aux parcelles 1119 et 1042, soit presque 3 hectares (28 800m²), il y a 9000m² de bois existant et 20 000m² de prairie qui servait avant à faire du foin, situé à 260m d'altitude, en haut d'une colline.

Cet hiver, nous avons passé du temps à concevoir les zones de plantation, en fonction des usages que l'on en fera (des fruits nécessitant d'être régulièrement récoltés sur l'arbre doivent se situer plus près de l'habitation, et ceux nécessitant moins de soin ou pouvant tomber au sol sans pourrir pourront être plus loin...) et des différents besoins des plantes (situation ensoleillée et abritée des vents froids pour certaines, sol argileux pour d'autres, ou sec et bien drainé pour quelques unes). Tout était question de compromis. Il est intéressant d'observer son terrain pendant un an (4 saisons) pour y voir de grandes variations d'ensoleillement, d'humidité ou de végétation spontanée donnant quelques indices pour la conception.

 

Nous avons finalement décidé de planter selon plusieurs zones :

  • une zone plus chaude et abritée à l'ouest du terrain, car en léger contre-bas, pour toutes les plantes à la rusticité moyenne (-12°C à -15°C) et à tendance exotique (bananier, cannelle de Magellan, arbousier, feijoa, asiminier, mahonia, abricotier, pêcher, amandier...)

 

  • une zone brise-vent au nord car ce côté était dépourvu d'arbres, or situés en haut d'une colline la brise vient souvent de là en raison du relief même si les vents dominants viennent d'ouest (bambou, noisetiers, néfliers, poiriers, tilleul, sureau, argousier, cognassiers du japon, mûrier blanc, sorbier des oiseleurs, robinier...)

 

  • une allée de l'évolution végétale selon la chronologie d'apparition des espèces, à but pédagogique pour expliquer les stratégies du végétal au cours des millions d'années pour se diversifier, se reproduire et s'adapter (algues, mousses, prêles, fougères, fougères arborescentes, conifères : araucaria / if / séquoia, ginkgo biloba, magnolia, pommier du Kazakhstan : ancêtre de toutes les pommes).

 

  • une zone de plantes médicinales et plutôt méditerranéennes ou littorales là où le sol est très caillouteux et draine bien l'humidité (cognassier, argousier, olivier, thym, romarin, pin parasol, lavande, laurier, pêcher...)

 

  • une zone de petits fruits rouges et super fruits riches en vitamines (ponctué de qq arbres), autour du potager pour créer un effet brise-vent (aronia rouge et noire, groseilles, mûroises, framboises, baie de mai, cynorhodon / rosier rugueux, baies de goji, amélanchier, cranberries...)

 

  • une zone jardin zen comestible en partie ombragée (cornus kousa, arbre des pagodes / sophora japonica, néflier du japon, eucalyptus, cerisier du japon, érable palmatum, cognassier du japon, théier / camélia sinensis, arbre salade / toona sinensis...)

 

  • une allée de figuiers intercalés par des framboisiers, pour "structurer" le terrain, car nous avions plein de boutures avant de déménager.

 

  • une allée de mûriers noirs dans le but de dessiner un chemin ombragé, car nous avions aussi plein de semis avant de déménager.

 

Pour cette première année, nous avons planté environ 150 grands arbres, 100 arbustes et 200 herbacées et couvre-sol

Nous densifierons au fur et à mesure des années, des observations et des occasions.

Nous avons trouvé ces plantes sur des marchés locaux à l'automne, dans des jardineries ou chez des pépiniéristes, et sur commande sur internet pour les plus rares.

Les sites internet nous ayant permis de trouver une bonne variété d'arbres comestibles sont :

- atmos'vert : pépinière permacole

- les jardins de peyreladas : pépinière permacole

- le conservatoire régional d'aquitaine

- mes arbustes.com

- pépinière planfor

 

Le site internet permettant de connaître précisément, espèce par espèce, les usages d'une plantes, et son potentiel comestible est : Plant for a futur

C'est en anglais, mais après avoir réalisé une recherche par arbre en son nom latin exemple argousier = hippophae rhamnoides, il est possible de choisir le français.

 

 

Au départ, pour nous y connaître un peu mieux en arbres comestibles, nous avons lu :

La Forêt-jardin de M.Crawford

Jardins-forêts de Fabrice Desjours

Et surtout nous avons fait une formation immergée de 3 jours chez Fabrice Desjours de l'association La Forêt Gourmande en Bourgogne.

 

 

Voici quelques photos de notre toute jeune forêt-jardin fraichement plantée :